La naissance de Jean-Luc reste un très grand mystère pour l'humanité. Il naquit en 1732 à l'âge de 12 ans. Fils de parents plus jeunes que lui (d'une mère trapéziste bulgare élevée dans un
poulailler par une brave famille de paysans et d'un père mousquetaire de la distribution) il douta longtemps sur l'authenticité de son enfance. Il pensait qu'il avait été adopté, car il ne
comprenait pas que c'était à lui de donner le lait maternel à ses parents dès son plus jeune âge. De ce premier trouble psychologique que Jean-Luc laissa tomber en même temps que le karaté - oui
car enfant il adorait le karaté mais une malformation de la glotte survenue en même temps que la mue de sa voix à l'adolescence l'empêcha brusquement de hurler les cris typiques de ce sport- un
second trouble lui séquestrait l'esprit : les origines douteuses de son père. En effet ce pauvre homme prétendait sous l'effet abusif de l'alcool d'être né d'une mère ukrainienne et d'un lavabo
péruvien. Or Jean-Luc qui n'avait pas oublié d'être rationnel avait pressentit le subterfuge. Il se renseigna et dénonça l'erreur : son père n'était pas né d'un lavabo péruvien, mais bien d'un
lavabo hongrois. Puis, à l'âge mur, Jean-Luc prit la fatale décision d'abandonner le cirque maternel et le magasin paternel refusant tout de leurs maigres rentes et se consacra pleinement à ses
études. Il quitta donc sa Hongrie natale pour se rendre à Harvard, d'abord en tant qu'employé ménager, puis en tant que professeur en podologie et enfin sous l'étiquette d'étudiant en psychologie.
Maîtrisant parfaitement cette nouvelle langue, Jean-Luc reçu de magnifiques diplômes et un encourageant pris d'excellence. Puis, pour se permettre un approfondissement de ses recherches qui
exigeaient une petite fortune, Jean-Luc entama une carrière professionnelle comme traducteur. On lui doit notamment la traduction du Coran en Anglais et en Hongrois, ainsi que la totalité des
traductions sur les boites de conserves "william sorin". Après la publication de quelques thésettes (petites thèses) il se consacra à l'œuvre qui allait occuper sa vie : l'élaboration de son projet
de vie, de son renouveau utopique.